HISTOIRE DE L’EGLISE LDS EN FRANCE
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Dès sa fondation, l’Eglise s’est efforcée de porter l’Evangile aux quatre coins du monde. L’œuvre missionnaire commença d’abord aux Etats-Unis mêmes, puis au Canada. Bien vite pourtant, le Seigneur appela les membres de son Eglise à aller
plus loin, au-delà des océans.
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Ce fut la Grande-Bretagne qui reçut le premier contingent de missionnaires. L’Evangile y fut très bien accueilli et les premiers résultat furent bons.
Après avoir fait face à de nombreuses difficultés, souvent dramatiques – martyre du prophète, expulsion de Nauvoo, persécution de toutes sortes – l’Eglise reprit sa croissance. C’est de Salt Lake City, où l’Eglise avait établi ses assises sous la présidence inspirée de Brigham Young, que la France vit arriver ses premiers missionnaires. Parmi eux, il faut relever la présence de John Taylor qui, nous le savons, succédera plus tard à Brigham Young en tant que prophète et président de l’Eglise. Curtis Bolton faisait aussi partie du lot ; ce dernier nous laissa son journal, source de précieux renseignement sur la rude condition des missionnaires à cette époque.
Les premiers missionnaires sont de réels pionniers : ils partent sans argent et doivent, le long de leur chemin, trouver de quoi subvenir à leurs besoins. Chacun se trouve confronté à de nombreux problème : se vêtir, se nourrir, trouver un gîte, rassembler l’argent nécessaire pour payer leur passage sur un transatlantique et, en même temps, partager l’Evangile. Rappelons-nous qu’en ces temps-là il fallait plus de trois semaines pour rallier New York à Liverpool en Grande-Bretagne.
Après un court séjour sur le sol anglais, où il firent connaissance avec les membres locaux, les missionnaires s’embarquèrent pour la France. Nous apprenons que les frères Taylor, Bolton et Howell débarquèrent à Boulogne le 18 juin 1850. C’est donc à cette date que commença l’œuvre de restauration de l’Evangile dans nos régions.
Signalons toutefois, qu’auparavant, quelques tentatives avaient été faites pour y implanter l’Eglise, mais trop isolées, elles n’avaient pas donné de grands résultats, les efforts s’étant surtout concentrés sur la Normandie et sur la population de la langue anglaise de cette région.
Au milieu du XIXe siècle, la situation politique en France, très tendue, amena la révolution de 1848, ce qui provoqua la méfiance des dirigeants du pays. Le droit de réunion fut limité, ainsi que celui de prêcher. Les autorités locales craignaient que, sous couvert de religion, on ne prêche l’insurrection contre le pouvoir établi. De nombreux efforts furent toujours nécessaires auprès des maires, des préfets et des ministres pour obtenir le droit de réunion et l’autorisation de prêcher.
C’est ainsi que, après de difficiles démarches, la première réunion publique put se tenir à Boulogne-Sur-Mer le 1er juillet 1850. Environ trente personnes étaient présentes. Mais bien vite les choses tournèrent mal en raison de la persécution des pasteurs locaux : avant la fin du mois de juillet, frère Taylor et frère Bolton partirent pour Paris.
A Paris, ils s’installèrent au n° 7 de la rue Tournon, et c’est là que frère Bolton commença une œuvre essentielle : la traduction de l’anglais en français du Livre de Mormon. Bien des gens, d’horizons très divers, s’intéressèrent à l’Eglise, comme d’anciens jésuites ou des communistes. Le 1er décembre 1850, John Taylor baptise dans la Seine à l’Ile des Saint-Ouen, frère Jean-Baptiste Wilhem, frère Bertrand, frère et sœur Squires et leurs fils, et reçurent ensuite le don du Saint-Esprit.
La première branche de Paris fut organisée le 8 décembre 1850. Un nouveau baptisé, frère Bellanger, fut envoyé en mission dans son village natal, le Grand Lucé, près du Mans. Il eut beaucoup de succès, prêchant à plus de 150 personnes à la fois.
Paris reçoit, à cette époque-là, la visite d’un autre futur président de l’Eglise, Lorenso Snow. Malgré cela, les progrès sont très lents. Bientôt surviennent des dissensions entre les membres, ce qui freina encore le travail. En revanche, le travail continua de progresser au Grand Lucé ainsi qu’à Jersey. A cette époque, les Îles anglo-normandes étaient de langue française ; l’Evangile fut bien accepté.
En raison des problèmes politiques, il fallut déployer beaucoup d’effort pour parvenir à la publication de « l’Etoile ». Ce n’est que le 29 mai 1851 que paraît enfin le premier numéro de « l’Etoile du deseret ».
Après le coup d’état en décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte, les réunions de l’Eglise furent de plus en plus perturbées par la police. La première « Conférence de district » put quand même avoir lieu le 20 décembre sous la présidence de frère Taylor. Ce dernier, ce jour-là, échappa de peu à une arrestation par la police. On sait que Louis Bonaparte fut proclamé empereur le 14 janvier 1852 sous le nom de Napoléon III.
La grande œuvre de la traduction du Livre de Mormon arriva enfin à son terme. Il a fallu tant d’efforts et de sacrifices à frère Bolton et aux autres frères qui l’aidèrent pour arriver à ce résultat ! Enfin, le 22 janvier 1853, les premiers exemplaires sortirent de presse. Et il fallut encore autant d’efforts et de sacrifices pour le distribuer et parvenir à le vendre
Si le travail continua d’être lent à Paris, il progressa ailleurs. Dans les Îles de Jersey et de Guernesey, en 1851, on compta 270 membres. Et on retrouve frère Bolton travaillant encore de toutes ses forces, luttant vaillamment contre les innombrables embûches que Satan ne manqua pas de placer sur sa route. Sons activité fut débordante : il s’efforça de calmer les disputes entres les membres, écrivit aux autorités politiques pour réclamer le droit de réunion et vécut pratiquement dans la misère. Finalement, le 1er janvier 1853, il repartit pour la Grande-Bretagne et de là pour les U.S.A. Mais la graine de l’Evangile avait germé en France et était devenue plantule. Les sacrifices extraordinaires de ces premiers missionnaires devaient porter un jour leurs fruits.
Après le départ de frère Bolton, Andrew Lamoureux fut nommé président de la Mission française. Le siège de la mission fut fixé à Jersey. Puit ce fut au tour de William Dunbar à être appelé à la présidence de la mission dont le siège était toujours localisé dans l’Îles. Les conditions devinrent pires que jamais à tel point que président Dunbar décida de retirer tous les missionnaires de France, en 1855, à l’exception d’un seul, Thomas Leiz, qui dut s’occuper des trois branches : Paris, Le Havre et Grand Lucé. Ce n’est que le 10 décembre 1859 que débarqua le nouveau président de la Mission française, frère Louis Bertrand qui, converti en France, avait émigré aux U.S.A.
Louis Bertrand fut un homme exceptionnel. Il s’appelait Flandin, de son vrai nom. Il naquit à Marseille, il voyagea dans le monde entier. A vingt ans, il connaissait tous les pays du Bassin méditerranéen. Il découvrit ensuite les Antilles, les U.S.A., le Brésil. Il visita ensuite l’Océan Indien, la Chine et l’Afrique australe. Il participa à la révolution de 1848 à Paris et en fut même l’un des leaders. Après l’échec de cette révolution, il changea de nom et se fit appeler Bertrand. Il fut baptisé par John Taylor le 1er décembre 1850. Comme président de mission, il travailla de toutes ses forces à l’œuvre du Seigneur. Comme le droit de parler en public lui est refusé, il se tourné vers les journaux et obtint l’assurance du «Siècle » de publier ses articles. A l’époque, le « Siècle » était l’un des journaux les plus important ( plus d’un million de lecteurs ! ) Il envoya ensuite une longue lettre à l’empereur Napoléon III, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que l’empereur ne fut pas touché par cette missive.
En ces temps-là, plusieurs livres furent publiés sur l’Eglise par des non-membres. En 1851 sortit « Voyage au pays des mormons ». n réponse à ce livre, le président Bertrand publia plusieurs article dans « La Revue Contemporaine » . En 1862, il rassembla ces articles sous le titre « Mémoires d’un mormon ». Un autre livre fut diffusé en 1854, « Les mormons », d’Amédée Pichot. En 1863, Mme Dufay publia « Le Prophète du XIXe siècle ou la Vie des Saints des Derniers Jours ». On peut donc mesurer les efforts qui ont été déployés pour faire connaître l’Eglise en France . Louis Bertrand quitta la France en juin 1864 et la mission sera fermée jusqu’en 1912.